24/12/2012

I- Vers la Chine d’Europe.

C'est toujours la même histoire! Il n'y a que moi pour me laisser entraîner dans des embrouilles à la mords-moi le nœud! C'est pourtant simple de dire non... C'est que ce petit mot est plus difficile à prononcer pour la putain qui est en moi que pour la sainte nitouche qui dit... ouiiii.
Soit, quand on est dans le bain, on nage. Cet avion de la Sobelair -une défunte compagnie aérienne gérée par des enfoirés - décolle de l’aéroport de Liège - fini tout ça, on avait trop bon!!!-  pour m'emmener sur une île volcanique, Chine de l'Europe, berceau de mes ancêtres : la Sicile.
Taratata!!! C'est un pays merveilleux, peuplé de gens si affables qu'il y est bien facile d'y jouer au loup. Oui, la mafia! Quelle rigolade lorsqu'on pense que mafia était un mouvement de résistance contre l'envahisseur Français (Morte Alla Francia Italia Anela)... mais ça remonte à un regrettable incident survenu à Palerme un 30 mars 1282.
Mais bon, laissons les morts enterrer les morts. De toute manière, plus d'envahisseurs Français. C’est vrai, les touristes de l'hexagone s'y sentent quelque fois en territoire conquis, mais encore un certain nombre de criminels se targuent de l'appellation D.O.C mafiosi, autrement dit militants anti-français.
Pff, faudrait vraiment appeler les choses par leur nom... pas mafiosi, mais bien, voleurs, assassins, trafiquants, proxénètes, raquetteurs... vous permettez? Des fils de putes! Pardonnez-moi un instant que je me reprenne. Ok, revenons à nos moutonssss, façon dictée Topazienne. J'étais assis dans ce putain de zinc. A ma gauche, un petit filou à lunette, 45 ans, avec une gueule de gentil, une longue tête lisse qui commence quelque part tout près du menton et fait un tour complet au plus grand mépris du front pour se terminer quelque part du côté de nuque… Pas sûr. Impossible à savoir, le mec ne te tourne jamais le dos... (voir une des photos à votre droite, vous le reconnaîtrez facilement).
À ma droite, comment vous dire? Un oncle, un ami, voyou sans l'ombre d'un doute, Sicilien lui aussi, 52 ans, moustache, yeux bleus, regard de cheval nerveux, la gueule d'un acteur des années 50, coureur, séducteur, bagarreur : délicieux! (voir moustachu à votre droite).
Personne à ma connaissance n'a autant de talent pour te sortir d'un mauvais pas, personne non plus pour t'y fourrer. Il fait beaucoup de bien autour de lui, parfois assez mal, mais quant au mal qu'il fait, pas de doute, il le fait bien! L'avantage avec ce gusse c'est que si tu es règlo il donne sa vie pour toi. Si tu l'es pas, vaut mieux te casser. Tu ne le reverras qu'en enfer, il y sera aux premières loges.
Et moi, je vous disais donc, j'étais au milieu des deux, en route pour une mission sicilienne.
Bon parmi les mauvais, mauvais parmi les bons, bon à rien et capable à tout, je n'avais pas oublié d'embrasser ma mère avant de partir.
Dieu ait pitié de moi ! Maman ton fils est un enfoiré et toi tu le prends pour quelqu'un de bien. Comme toi, mama.

14:22 Écrit par Tony | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : la vie est un film |  Facebook |

II- Mauvaises fréquentations.

Alors...

Une remarque en passant, on était bien tombés... assis dans la rangée de droite dans le sens du vol. Pas que j'ai peur de l'avion, mais en général, je me positionne toujours à droite en entrant, que ce soit au cinoche ou ailleurs. Seule exception, dans mon lit... qu'est ce que ça me contrarie! Elle n'est pas gauchère donc... Soit, pas trop de détails, des mineurs risqueraient de tomber sur ce blog... mais elle a une excuse: la porte qui mène à la chambre des gosses est à notre droite et c'est toujours elle qui se lève. Va bene... c'est elle qui te contorsionne dans le plumard...hi hi hi!

Putasserie nos voisins de la rangée de gauche!!! Des Siciliens... un couple de septuagénaires. Lui, petit et sec, elle petite et grosse, tous les deux moustachus et ... le must, tadaaa, tout en deuil. Ils m'ont déplu dès que je les ai vus. Je les ai guidés dans l'aéroport, les ai aidés à monter dans l'avion... quel gentil jeune homme se répétaient-ils entre eux. Faux-culs, va ! La vieille a jeté du sel dans l'allée qui l'a menée à sa place dans l'avion et une fois assis, ils se sont mis à prier et à réciter le chapelet pour conjurer le mauvais sort, des fois qu'on plongerait dans la méditerranée... Ben oui, le bain, c'est le dimanche! Ces singeries m'agacent, surtout qu'il y avait des Belges dans l'avion... quand on est en famille, passe encore.

Donc...

Deux clowns. Pour revenir à mes comparses, Al Capote le tombeur, à ma droite avait pour préoccupation principale qu'une des hôtesses de l'air avait pour reprendre son expression  «une gueule de vicieuse » ; il n'en revenait pas, sa bouche... puuutain, ça me troue le cul!!!

Seigneur, il le sait que je n’aime pas qu'on parle comme ça des bonnes femmes, et qu'elle importance que je sois de son avis en ce qui concerne la gueule de vicieuse. Hé! Il aurait trop bon que je lui donne raison.

L'autre, le pelac, il semblait inquiet... son agence de tiercé préférée était fermée ce matin... malheur, il n'avait pas pu jouer avant de partir:" Vaffanculo ! Nun haiu furtuna... minghia u ciumaggiu mi lu iucavu a lu lottu. Si lu sapi me mugghieri finisci a burdellu". En deux mots ça veut dire qu'il a pas de chance et qu'il a joué ses allocs de chômage au lotto plutôt qu'au tiercé et que si sa femme l'apprend ça va mal se terminer... Je vous fais grâce de... vaffanculo, de... minghia et de... burdellu. Mouais ! Quoi, que c'est vrai que je trouve que sa mégère joue un peu trop du rouleau à tarte.

Mais ce qui me frappait le plus c'est qu'on a un putain de job à exécuter et que ces deux rigolos s'en fichent comme de leur première couche culotte... le professionnalisme peut être ? Je m'attendais à... synchronisons nos montres, des instructions qu'il fallait lire et détruire, le petit verre de saké... je sais pas, moi... non, on y va, on fait un carton et... et voilà.

Ca me fait penser au film de George Pal "La machine à explorer le temps"... Un levier: une pression vers l'avant et tu vas dans le futur... une traction vers l'arrière et tu retournes dans le passé. Plus simple que ça tu meurs! Qu'est ce que j'attends pour me casser?

Atterrissage. Quelle chaleur pour un mois de septembre. On récupère les bagages, enfin je récupère les bagages. Le petit est parti pisser, l'autre, intensivement occupé à fumer semble faire une scène de ménage à sa cigarette. Je préfère faire le larbin, au moins je suis sûr de changer de calebar tous les jours.

On est venu nous cueillir à Fontanarossa, l'aéroport de Catane. Un des mecs les plus riches de Sicile... Il fait dans la viande... de bétail!!! On monte à bord de sa caisse. Là, pour la première fois de ma vie, je parle à distance à ma mère comme si elle était assise à côté de moi. Gsm avec kit mains libres. Ben oui, en 1992 après Jésus Christ, c'était chose étonnante.

Mes deux associés sont bien tombés, notre chauffeur est encore plus obsédé sexuel qu'eux... Faut vraiment faire quelque chose pour la faim dans le monde! Il me propose de m'emmener à Palerme pour y séduire une de ses nièces par alliance, avant qu'elle ne tourne mal. Je me paierais au passage en nature, ni vu ni cocu (elle avait déjà servi) et lui donnerait quelques bons conseils de conduite... du style : passe une nuit avec tonton, une seule. Quel délire! On vous écrira lui dis-je.

A tout prendre, les vieux passagers du zinc, z'étaient pas si nuls.

Ouf, on arrive dans le village de mes ancêtres. J'avoue, mon coeur s'est serré en lisant le panneau "Riesi". Je pensais à mon grand père maternel et aux frissons que lui inspirait l'évocation de sa terre. Notre mission? Ah, elles avaient raison les vielles fripouilles, c'est passé comme une lettre à la poste. Je ne dirai rien de plus sans la présence d'un avocat.

Juste une chose. Le petit, là... celui qui a une gueule comme tout le monde et qui ne ressemble à personne, n'a cessé de me casser les oreilles. La jeune soeur de ma femme... quelle est b.... juste 18 ans... si tu la vois!

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III- Valle dei Nebrodi

Ils sont dingues en Sicile!
Des travaux importants ont été entrepris... la voirie. Du jour au lendemain, et sans crier gare, les ouvriers du service des travaux publics ont démoli une rue, laissant entre les maisons et la voie carrossable, une marche de... deux mètres. Oui, chers amis et si vous discutez, ils vous rétorqueront avec l'arrogance qui caractérise les tiers-mondistes qu'au lieu de leur dire merci, on a le culot de se plaindre... Que vous improvisiez un escalier pour sortir de chez vous... pff, ils en ont rien à cirer... L'ennui, c'est que si votre auto est au garage... ça peut prendre du temps avant qu'elle ressorte.
Un des cousins, avait une Fiat Uno rouge avec seulement 170 Km au compteur... depuis 2 ans. Ben quoi, faut attendre les élections communales... normal hein, qu'est ce que vous croyez, que ça va comme ça, vous?
Mais comme le maire s'était fait allumer pour une raison ténébreuse (personne avait rien vu ni entendu, comme d’hab) son remplaçant qui habitait dans cette rue a réglé le problème, lui. Un consciencieux, celui-là! Je me demande ce qu'il est devenu...
C'est ainsi que la Fiat Uno rouge flambant neuve était dans mes mains. Je devais -aussi- conduire les deux « malades » vers un petit village de la province de Messine... Galati Mamertino.
Je vous jure que de ma vie, je n'avais jamais vu de relief plus enthousiasmant... on traversait la merveilleuse Valle dei Nebrodi attenante à la vallée de l'Etna, second plafond de l'Europe, triomphant à 3295 mètres d'altitude.
Je me suis arrêté plusieurs fois pour admirer le paysage...

-         Quoi, t'as jamais vu des pierres de ta vie ? se moquaient mes deux compagnons. Soit, il avait gagné, le petit filou sans cheveux, on allait dire bonjour à sa tribu... La petite, la petite... tu verras me disait-il d'un regard aux accents lubriques ascendant gros dégueulasse.
Voilà, on arrivait dans son bled... c'est là que j'irais me planquer si les pingouins me cherchaient...

L'endroit était tout simplement admirable... presque à 1000 mètres d'altitude, juste assez chaud, juste assez sec... idéal!

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IV- La rencontre

Le 15 septembre 1992.

On arrive, on y est. Pour s'engager dans la voie unique qui mène à la merveilleuse, sans époque, authentique fraction appelée Misirri, faut idéalement être un pilote confirmé... moi, sur les circuits de karting, on ne m'appelle pas Satanas pour rien...

Voillllàà. Help ! La gonzesse, celle que l'autre disait : elle était là. Oh merveille, révélation, punition, pourquoi mon Dieu me fais-Tu cela??? Je garai la voiture à l'ombre du poirier devant leur demeure.

Elle était vêtue ordinairement, les cheveux un peu défaits. Elle lavait un linge à l'ancienne... en le frottant à la pila (sorte de cuvette de pierre). Les gugusses sortirent précipitamment de l'auto... je traînai un peu, profitant du contre jour. Je matais la jeune sensuelle... Ah ! Belle comme le péché. Elle continua à tordre son linge placidement, tandis que les deux autres me criaient... quoi tu ne descends pas ?

Je sortis de la voiture, braquai mon regard vers elle, retirai mes lunettes de soleil, approchai sans me presser, souris et lui tendis la main alors que j'étais très proche d'elle. Elle hésita un peu... c'est ce que je voulais.

Elle me serra la main... : "Piacere, Rita...". "Piacere, Tony".

Je lâchai sa main et la toisai assez indiscrètement, j'avoue. Toute belle, de partout... hum, je la veux.

Va falloir que je sois plus doux avec le petit... Il n’avait pas menti, le bougre. En parfait cinéphile, je ne pus m’empêcher de penser à la rencontre de Michael Corleone et de la belle Apollonia dans ce monument du cinéma qu’est « Le parrain ». Si je me la tape, promis qu’elle conduira pas!

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V- Je la veux !

Après le repas, la fille s’en alla dans sa chambre et en sorti avec d’autres vêtements dont un short beige qui ne me plaisait pas beaucoup - quoi qu’il ne rendait pas ses formes disgracieuses- et un assez joli t-shirt fleuri. Elle s’était fait une beauté et quitta la maison assez précipitamment.

Mince, où est-ce qu’elle va ? Une indéfinissable angoisse s’empara de moi. Elle a peut-être quelqu’un ? Je m’efforçai de faire causette avec le père. J’avais du mal à me concentrer sur ce qu’il disait, mais je fis mon gentil garçon, agréable et tout. Fallait pas que je faiblisse, je lui plaisais à ce bonhomme et c’est toujours utile de faire bonne impression auprès du père d’une fille convoitée. Qu’est ce que je peux être vénal ! Je trépignais. Quand elle rentrera, aurais-je l’opportunité de la coincer cinq minutes ? Oui, j’avoue, je suis assez sûr de moi, j’ai toujours fait confiance à ce vieil adage qui dit qu’il n’y a pas de forteresses imprenables mais des forteresses mal attaquées. Ma lame est aiguisée et je suis plus féroce que jamais. Elle ne rentra que vers dix-huit heures, pour préparer la table du dîner. J’enrageais. Le petit filou lisait en moi comme dans un livre : elle te plait, hein ? Avoue. Elle est bonne, hein ! – Ta gueule, du con ! C’est comme ça que tu parles de la petite sœur de ta femme ? Gros dégueulasse ! Je réorientai la discussion : Où est-ce qu’elle est ? Elle va revenir, me rassura-t-il. D’un signe, il dessina ses hanches, puis me sourit. Faut que je reste cool.

Elle arriva enfin. Je remarquai qu’elle ne se rua pas directement vers les toilettes. Moi, si j’étais une gonzesse, je ne me dirigerais pas aux toilettes en entrant ; y a des malins qui s’imaginent toujours des choses. Mais au fait, peut-être est-elle maligne aussi… Elle sorti de sa chambre, toujours sapée de la même manière. Moi, j’avais changé de chemise. Les filles apprécient les hommes coquets. Je ne lui adressai pas la parole, je la regardais dresser la table avec indiscrétion… toujours en souriant… Elle me rendait parfois quelques sourires. C’était bon signe. Enfin, à table, à nouveau. Tout bon, elle revenait sans cesse vers mon regard. Son beauf lui avait dit qu’elle me plaisait et que je me suis plusieurs fois inquiété de son absence. Je lui revenais bien aussi, c’était évident. Les femmes débarrassèrent la table autour de laquelle nous devions être une bonne douzaine d’apôtres. Il fallait que je parle. J’attendis que les couteaux et fourchettes ne soient plus à table, on n’est jamais assez prudents.

Je me décidai enfin, d’un air détaché: « Rita, tu m’as fulminé dès que je t’ai vue. ». J’avais reculé ma chaise d’un demi mètre de la table. Mes mains étaient posées sur mes genoux écartés. Même Napoléon ne devait pas sembler aussi suffisant.

Le silence tomba comme un couperet. Tous les yeux étaient braqués sur moi. Au fur et à mesure que je parlais, je dévisageais toutes les personnes autour de la table et remarquai que tous baissaient les yeux, sauf mes deux complices qui eux admiraient mon culot. Et elle, bien sûr… Je m’arrêtai de nouveau à elle. C’est comme si nous étions seuls. Elle restait au fond de mon regard, sans faiblir.

- Dis donc ! Me dit-elle. Cette pièce, tu la joues tous les soirs dans un théâtre différent ? Elle avait de l’humour et du caractère. Elle me plaisait vraiment. Je souris donc et sur ces mots, la rassurai. Je ne me moquai ni d’elle ni de sa famille. Mes intentions étaient de l’approcher pour qu’on fasse plus ample connaissance, sans rien garantir mais dans un but sérieux. Je conclus en lui disant de réfléchir, que la nuit porte conseil. Moi, je dors la nuit, me lança-t-elle. Elle me sourit enfin. T’inquiète, demain je te donnerai une réponse.

Sa mère prit la parole : Faut qu’on discute entre nous. Qu’est-ce que tu y vas, toi!

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VI- Le premier baiser

Le lendemain matin, après une nuit tranquille, sa mère vint à ma rencontre.

Elle m’expliqua qu’ils avaient d’autres projets pour la «petite», que leur maison lui est destinée et qu’il leur était difficile d’imaginer qu’elle fréquente un garçon vivant à l’étranger. Inévitablement, il l’éloignerait d’eux.

Nous n’en sommes pas là, et de plus vous n’avez aucune garantie qu’elle demeurera toujours avec vous. Voyez vos autres filles…

Bon, m’accordez-vous de lui parler seul à seul un instant ? Sous votre toit, bien sûr, lui demandai-je.

Viens, dit-elle, ma fille est dans la cuisine.

Rita était bien là. Elle ne portait pas ce short qui me déplaisait.

Je m’adressai à elle : "Rita, j’aimerai te parler à part". Elle regarda sa mère qui acquiesça. "Juste cinq minutes car j’ai un rendez-vous chez le dentiste et il faut que je me prépare, dit-elle".

Nous sommes passés dans le living-room.

Je refermai la porte. Elle s’assit en face de moi dans le fauteuil.

Je t’écoute…

Tel celui qui tombe dans le vide, je tentai de m’agripper aux idées qui s’affolaient dans ma tête.

- Je n’ai rien à te dire... enfin, si! Je ne suis pas là pour me payer ta tête. Tu me plais... j’ai envie de te serrer à moi, de t’embrasser. Je haussai les épaules, l'air de dire que je n'y pouvais rien! Puis, le geste se mêla à la parole. Je pris sa main, comme si je l’invitais à danser. Elle se leva. Je passai ma main sous son menton et approchai mes lèvres. Premier baiser. Mes pieds ne touchaient plus terre, envahi par une espèce d’ivresse. Ma tête tournait. J’ouvris les yeux, me dégageai de ce baiser, repris ma respiration et tandis que ses yeux se rouvraient, je l’attirai vers moi et la serrai contre mon corps. Elle fut docile, très coopérante. Ceci m’encouragea à m’y reprendre inlassablement, de sorte que trente minutes plus tard, elle avait oublié son rendez-vous médical. Si j’avais été plus vicieux, j’aurais attendu qu’elle passe d’abord chez le dentiste car elle se soigna quelques mois plus tard, en Belgique… et à mes frais ! Saleté de sécu ! Qui a dit qu’elle tenait ses promesses ? M’en fout !

On frappe à la porte du living-room. C’était le petit filou sans cheveux…

- Viens, entre.

Seule sa longue tête lisse pénétra dans la pièce. Rita sortit… elle alla raconter à sa sœur Maria ce qu’il venait de se passer. Gaetano profita qu’elle soit partie.

- Et alors ?

- Zorro est arrivé !

- Fais pas l’andouille…

Je lui souris… Ne me fais pas languir, reprit-il.

- Alors, Je l’ai prise dans mes bras, je l’ai embrassée… tu sais bien comment ça va…

Il fit un pas vers moi et s’exclama qu’il savait depuis notre départ de Belgique que quelque chose allait se passer entre Rita et moi, que nous étions faits pour nous rencontrer…

Je le coupai net et lui fit remarquer que je ne la connaissais que depuis quelques heures.

Tony, me dit-il, nous serons beaux frères, c’est écrit et ce sera un honneur. Il me serra la main, sûr de lui.

Elle revint dans le living-room et referma la porte, le regard décidé.

Je m’installai dans le canapé. Elle me rejoignit et nous embrassâmes « à bouche que veux-tu ? ».

C’était le 16 septembre 1992.

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VII- La promesse

Ce 16 septembre 1992 fut jusqu’ici la journée la plus intense de ma vie. La matinée avait été marquée par la conquête de cette fille, l’après-midi, toujours dans ce living-room, dans ce fichu canapé, nous fîmes réellement connaissance. Elle m’a parlé d’elle. Tout n’était pas idéal. Mais moi non plus, je n’étais pas idéal. C’est juste que les filles pleurent plus facilement. Je devais pour la première fois de ma vie, sécher les larmes de celle qui deviendra ma femme seulement 100 jours plus tard. En effet, avant mon retour en Belgique, nous décidâmes de nous fiancer. C’est ainsi que le 23 septembre, nous nous échangions nos premières véritables promesses. C’est tôt, penserez-vous. C’est vrai. Mais je devais partir à 2500 Km d’une des créatures les plus convoitées du coin et comme je l’ai dit plus haut, il n’y a pas de forteresses imprenables mais des forteresses mal attaquées. Et puis, disons que moi aussi je comptais pour quelqu’une… qui elle aussi exigeait l’exclusivité.

De commun accord, avant cette première séparation, nous optâmes donc pour des fiançailles.

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VIII- I’ll be back

Le 24 septembre, je prenais mon premier congé d’elle. Il était question qu’on se revoit pour Noël ou Pâques… De retour à Seraing, nous fûmes accueillis en grandes pompes. Ma grand-mère qui vivait toujours était radieuse. Son petit fils avait renoué avec la Sicile. Qu’est ce qu’elle serait la bienvenue cette jeune Sicilienne ! La « nonna » se réjouissait de la connaître, surtout qu’elle appréciait particulièrement sa grande sœur Angela, mariée à celui que j’appelle affectueusement le petit filou : Gaetano, mon sympathique beau-frère. La soirée se déroula chez mon oncle Pino, principal instigateur de cette expédition. Le lendemain, en me levant, je compris que jamais je ne supporterais cette séparation pour période indéterminée. Le temps de régler quelques affaires et deux semaines plus tard, le 10 octobre 1992, j’atterrissais de nouveau à Catane.

Cette fois, c’est elle qui est venue me cueillir à Fontanarossa. Elle savait que je revenais pour la « fréquenter » deux semaines de plus mais ignorait qu’il y avait dans ma poche un billet d’avion à son nom…

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IX- Je voudrais ne jamais mourir

Ces deux semaines passées ensemble furent deux semaines, de légèreté, de frivolité, de chamailleries, de réconciliations, de folie.

Deux semaines de cette vie qui ressemble à un film.

Le 12 octobre, cinq centenaire de la découverte de l’Amérique fut une journée inoubliable couronnée d’un après-midi sans pareil. Rien de spécial : la campagne déserte de Mangalavite, une couverture sur la végétation hirsute, et la vie.

Terrible blessure que laisse le temps qui passe. On ne peut plus revivre cela, aujourd’hui que nous nous aimons plus, que nous nous aimons mieux, que nous nous aimons vraiment!

Mon Dieu, y a-t-il un homme sur terre qui plus que moi se sent atteint par le temps qui passe ? J’ai 39 ans, au moment où j’écris ces mots. Et pourtant j’ai l’impression qu’hier encore, je courais en culotte courte, insouciant et heureux.

C’est pourtant il y a si longtemps.

Que ne donnerais-je pour revivre certains instants de ma vie, comme cet après-midi sur cette couverture, comme cette interminable nuit du 16 au 17 octobre où nous nous sommes aimés comme ce n’est pas permis. En fin de compte, comme tout le monde, rien de plus.

J’aime la vie, j’en suis sûr. Je fais souvent le vœu que chaque jour compte.

Je voudrais ne jamais mourir.

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X- Folklore

Je devais rentrer le 24 octobre. Selon mon plan, avec elle. Son père se laissa convaincre facilement. Sa mère se fit prier jusqu’au dernier jour. Je savais qu’elle accepterait. Son veto était une opposition de principe. En fait, elle craignait que les mauvaises langues du village ne racontent qu’elle avait fui avec un étranger. Précision pour ceux qui connaissent peu les Siciliens : les amoureux qui n’ont pas l’aval des parents s’enfuient pendant un jour ou deux afin qu’on n’empêche plus leur union. La fuite présume que l’honneur de la fille est compromis et que le mariage est la seule réparation envisageable.

No comment.

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XI- C’était bien !

Rita découvrit la Belgique. Entre le 24 octobre et le 12 novembre, nous décidâmes de nous unir. Quelle urgence ! Ceci aussi déplut à sa mère car autre « raffinement » de la mentalité sicilienne : un mariage vite décidé cache un irréparable mal. Re - no comment !

Ce que nous vivions n’était pas raisonnable. Je le savais, mais j’étais las d’être raisonnable. J’avais 27 ans, à cette époque, elle, juste 18. Nous nous aimions comme des fous. Parfois comme des cons.

Mais c’était bien.

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XII- 100, cent, sang : la vie est un film !

Nous nous sommes unis le 24 décembre 1992. A 100 jours de notre rencontre sous le poirier devant sa maison, alors qu’elle lavait un linge à l’ancienne et que je descendais d’une Fiat Uno rouge. Nous étions 100 à table et ça ne se termina pas dans le « sang ». Encore aujourd’hui, lorsque nous croisons une Fiat Uno Rouge, on se donne un baiser commémoratif. C’est peut-être enfantin mais comme il y en a encore beaucoup en circulation, ça nous empêche de rester brouillés plus de dix minutes.Tous les 100 jours, je lui fais la surprise de lui rappeler que ça en fait 100 de plus… un petit cadeau à l’appui. La prochaine fois sera le 27 septembre 2004 : ça fera 4400 jours… et c’est avec impatience que j’attends que nous fêtions nos cinq fois mille et une nuits.

La vie est un film. Auquel je crois.

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XIII - 13 ans...

13 ans ou 4748 jours que nous nous sommes unis devant la société.

Mais notre amour est plus vieux de cent jours…

Joyeux Noël à tous.

 

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XIV - ça tombe aujourd'hui, le 14 février 2006.

4900 jours que nous sommes seuls au milieu de tous...

 

 

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XV - Il resto sono solo chiacchere e se li porta il vento...

Aujourd’hui, ça fait 5000 jours que nous nous sommes rencontrés. Et 5000 nuits que je m’endors en pensant à ce matin du 15 septembre 1992, sous le poirier devant sa maison, où je la vis la première fois, alors qu’elle lavait un linge à l’ancienne en le frottant à "la pila" (évier en pierre structuré), que je descendis de la Fiat Uno rouge qu’on m’avait prêtée, que je m’approchai d’elle, lui serrai la main et la saluai sur ces mots : «Piacere, Tony ».

Elle répondit : « Piacere, Rita ».

 

 

Il resto sono solo chiacchere e se li porta il vento...

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XVI - Love of the common people.

J’ai relu entièrement ce blog.

Je dois presque faire un effort pour me souvenir que j’ai écrit cela.

Mais pas que je l’ai vécu.

15 ans de mariage le 24 décembre 2007.

2 enfants. Luigi a 12 ans et Tanina, 8 ans.

Rita et moi avons changé. Elle se vante de m’avoir rendu plus gentil. Plus simpatic comme elle dit. Goût douteux, cette fille ! Ça m’arrange un peu… Le gris peut continuer à colorer mes cheveux et ça me laisse encore quelques kilos de marge. Bon, ça !

Elle garde son accent italien, c’est décidé. Elle roule toujours autant les « r » que Dalida. Ça lui donne du charme parce qu’elle parle très bien français. Peut-être qu’elle parle un peu vite. Elle lit beaucoup et pas n’importe quoi. Et elle garde un faible pour Marcel Pagnol. C’est bon signe.

Avant, on se regardait dans les yeux. Avant, pendant, après, au téléphone… en dormant, aussi.

Maintenant, on regarde dans la même direction.

Parfois on ne voit pas la même chose.

Mes quintes de soupirs ne sont toujours pas passées. Elles ne passeront jamais, je le sais.

Mais on prend toujours le premier café de la journée au lit. Oui.

Et même quand il fait gris ou que je pense à ce qui m’a filé entre les doigts, surtout au temps qui passe, en tendant bien l’oreille et en fermant les yeux, j’entends encore les éclats de rire de l’enfant qui est en moi.

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XVII - 20 ans de mariage ce 24 décembre 2012.

 

la vie est un film

20 ans de mariage ce 24 décembre!

Pour nous, ça fait 7305 jours. C’est comme ça qu’on compte. Mais cette date est une formalité.

« NOTRE » vraie date, c’est le 15 septembre, 100 jours plus tôt, lorsqu’on s’est rencontrés en Sicile, à l’ombre du poirier presque centenaire qu’on a arraché quand il est mort.

Oui, on s’est mariés 100 jours après notre rencontre ! On était 100 à table pour le banquet… et heureusement, ça ne s’est pas terminé dans le 100 (sang).

En 7405 jours, on a connu des hauts et des bas, comme tout le monde.

La perte de mes 2 grands-mères, la disparition tragique de la maman de Rita…

Mais il y a eu des joies immenses. La naissance de Luigi en 1995, celle de Tanina en 1999.

Je suis fier de mes enfants… quelle chance ils ont de ressembler à leur « mamma » !

Rita ne change pas beaucoup ! Elle a toujours des goûts de chiottes… la preuve, elle reste avec moi. Mais son accent a varié un peu ! Elle ne roule plus les « r » comme Dalida mais comme une vieille Fiat. Bah ! « Musica é », dit la chanson ! 

J’ai tellement de choses à raconter ! Mais la veille de Noël, il faut penser que c’est un jour d’espoir. Au fond, l’espoir n’est qu’une illusion objective et comme les journées vont s’allonger progressivement, je dirai simplement que je souhaite que le plus beau reste à venir.

Beaucoup de personnes comptent pour moi. Pas seulement la sicilienne qui menace de passer aux lits séparés, comme le couple De Funes et Claude Gensac dans « Hibernatus »… mais aussi ceux qui liront ces mots. Peut-être qu’ils l’ignorent. Peut-être pas.

De toute façon, la vie est un film…

Voilà, c’était la pub, la seconde partie reprend ! Silence, dans la salle…

14:05 Écrit par Tony | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : la vie est un film |  Facebook |