24/12/2012

V- Je la veux !

Après le repas, la fille s’en alla dans sa chambre et en sorti avec d’autres vêtements dont un short beige qui ne me plaisait pas beaucoup - quoi qu’il ne rendait pas ses formes disgracieuses- et un assez joli t-shirt fleuri. Elle s’était fait une beauté et quitta la maison assez précipitamment.

Mince, où est-ce qu’elle va ? Une indéfinissable angoisse s’empara de moi. Elle a peut-être quelqu’un ? Je m’efforçai de faire causette avec le père. J’avais du mal à me concentrer sur ce qu’il disait, mais je fis mon gentil garçon, agréable et tout. Fallait pas que je faiblisse, je lui plaisais à ce bonhomme et c’est toujours utile de faire bonne impression auprès du père d’une fille convoitée. Qu’est ce que je peux être vénal ! Je trépignais. Quand elle rentrera, aurais-je l’opportunité de la coincer cinq minutes ? Oui, j’avoue, je suis assez sûr de moi, j’ai toujours fait confiance à ce vieil adage qui dit qu’il n’y a pas de forteresses imprenables mais des forteresses mal attaquées. Ma lame est aiguisée et je suis plus féroce que jamais. Elle ne rentra que vers dix-huit heures, pour préparer la table du dîner. J’enrageais. Le petit filou lisait en moi comme dans un livre : elle te plait, hein ? Avoue. Elle est bonne, hein ! – Ta gueule, du con ! C’est comme ça que tu parles de la petite sœur de ta femme ? Gros dégueulasse ! Je réorientai la discussion : Où est-ce qu’elle est ? Elle va revenir, me rassura-t-il. D’un signe, il dessina ses hanches, puis me sourit. Faut que je reste cool.

Elle arriva enfin. Je remarquai qu’elle ne se rua pas directement vers les toilettes. Moi, si j’étais une gonzesse, je ne me dirigerais pas aux toilettes en entrant ; y a des malins qui s’imaginent toujours des choses. Mais au fait, peut-être est-elle maligne aussi… Elle sorti de sa chambre, toujours sapée de la même manière. Moi, j’avais changé de chemise. Les filles apprécient les hommes coquets. Je ne lui adressai pas la parole, je la regardais dresser la table avec indiscrétion… toujours en souriant… Elle me rendait parfois quelques sourires. C’était bon signe. Enfin, à table, à nouveau. Tout bon, elle revenait sans cesse vers mon regard. Son beauf lui avait dit qu’elle me plaisait et que je me suis plusieurs fois inquiété de son absence. Je lui revenais bien aussi, c’était évident. Les femmes débarrassèrent la table autour de laquelle nous devions être une bonne douzaine d’apôtres. Il fallait que je parle. J’attendis que les couteaux et fourchettes ne soient plus à table, on n’est jamais assez prudents.

Je me décidai enfin, d’un air détaché: « Rita, tu m’as fulminé dès que je t’ai vue. ». J’avais reculé ma chaise d’un demi mètre de la table. Mes mains étaient posées sur mes genoux écartés. Même Napoléon ne devait pas sembler aussi suffisant.

Le silence tomba comme un couperet. Tous les yeux étaient braqués sur moi. Au fur et à mesure que je parlais, je dévisageais toutes les personnes autour de la table et remarquai que tous baissaient les yeux, sauf mes deux complices qui eux admiraient mon culot. Et elle, bien sûr… Je m’arrêtai de nouveau à elle. C’est comme si nous étions seuls. Elle restait au fond de mon regard, sans faiblir.

- Dis donc ! Me dit-elle. Cette pièce, tu la joues tous les soirs dans un théâtre différent ? Elle avait de l’humour et du caractère. Elle me plaisait vraiment. Je souris donc et sur ces mots, la rassurai. Je ne me moquai ni d’elle ni de sa famille. Mes intentions étaient de l’approcher pour qu’on fasse plus ample connaissance, sans rien garantir mais dans un but sérieux. Je conclus en lui disant de réfléchir, que la nuit porte conseil. Moi, je dors la nuit, me lança-t-elle. Elle me sourit enfin. T’inquiète, demain je te donnerai une réponse.

Sa mère prit la parole : Faut qu’on discute entre nous. Qu’est-ce que tu y vas, toi!

14:21 Écrit par Tony | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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