24/12/2012

VI- Le premier baiser

Le lendemain matin, après une nuit tranquille, sa mère vint à ma rencontre.

Elle m’expliqua qu’ils avaient d’autres projets pour la «petite», que leur maison lui est destinée et qu’il leur était difficile d’imaginer qu’elle fréquente un garçon vivant à l’étranger. Inévitablement, il l’éloignerait d’eux.

Nous n’en sommes pas là, et de plus vous n’avez aucune garantie qu’elle demeurera toujours avec vous. Voyez vos autres filles…

Bon, m’accordez-vous de lui parler seul à seul un instant ? Sous votre toit, bien sûr, lui demandai-je.

Viens, dit-elle, ma fille est dans la cuisine.

Rita était bien là. Elle ne portait pas ce short qui me déplaisait.

Je m’adressai à elle : "Rita, j’aimerai te parler à part". Elle regarda sa mère qui acquiesça. "Juste cinq minutes car j’ai un rendez-vous chez le dentiste et il faut que je me prépare, dit-elle".

Nous sommes passés dans le living-room.

Je refermai la porte. Elle s’assit en face de moi dans le fauteuil.

Je t’écoute…

Tel celui qui tombe dans le vide, je tentai de m’agripper aux idées qui s’affolaient dans ma tête.

- Je n’ai rien à te dire... enfin, si! Je ne suis pas là pour me payer ta tête. Tu me plais... j’ai envie de te serrer à moi, de t’embrasser. Je haussai les épaules, l'air de dire que je n'y pouvais rien! Puis, le geste se mêla à la parole. Je pris sa main, comme si je l’invitais à danser. Elle se leva. Je passai ma main sous son menton et approchai mes lèvres. Premier baiser. Mes pieds ne touchaient plus terre, envahi par une espèce d’ivresse. Ma tête tournait. J’ouvris les yeux, me dégageai de ce baiser, repris ma respiration et tandis que ses yeux se rouvraient, je l’attirai vers moi et la serrai contre mon corps. Elle fut docile, très coopérante. Ceci m’encouragea à m’y reprendre inlassablement, de sorte que trente minutes plus tard, elle avait oublié son rendez-vous médical. Si j’avais été plus vicieux, j’aurais attendu qu’elle passe d’abord chez le dentiste car elle se soigna quelques mois plus tard, en Belgique… et à mes frais ! Saleté de sécu ! Qui a dit qu’elle tenait ses promesses ? M’en fout !

On frappe à la porte du living-room. C’était le petit filou sans cheveux…

- Viens, entre.

Seule sa longue tête lisse pénétra dans la pièce. Rita sortit… elle alla raconter à sa sœur Maria ce qu’il venait de se passer. Gaetano profita qu’elle soit partie.

- Et alors ?

- Zorro est arrivé !

- Fais pas l’andouille…

Je lui souris… Ne me fais pas languir, reprit-il.

- Alors, Je l’ai prise dans mes bras, je l’ai embrassée… tu sais bien comment ça va…

Il fit un pas vers moi et s’exclama qu’il savait depuis notre départ de Belgique que quelque chose allait se passer entre Rita et moi, que nous étions faits pour nous rencontrer…

Je le coupai net et lui fit remarquer que je ne la connaissais que depuis quelques heures.

Tony, me dit-il, nous serons beaux frères, c’est écrit et ce sera un honneur. Il me serra la main, sûr de lui.

Elle revint dans le living-room et referma la porte, le regard décidé.

Je m’installai dans le canapé. Elle me rejoignit et nous embrassâmes « à bouche que veux-tu ? ».

C’était le 16 septembre 1992.

14:20 Écrit par Tony | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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